Surpopulation carcérale : une aggravation sans précédent
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Dans un avis du 27 avril 2026 tout juste rendu public, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) constate une aggravation continue de la surpopulation carcérale depuis son précédent avis de 2023.
Il estime que la situation porte gravement atteinte aux droits fondamentaux des personnes détenues et aux conditions d’exercice des personnels pénitentiaires.
Au 1er juin 2026, la France comptait 88 829 personnes détenues pour 63 237 places disponibles, dont plus de 7 600 dormaient sur un matelas au sol.
Le CGLPL relève que cette surpopulation chronique (+ 19% en 33 mois avec taux moyen d’occupation des maisons d’arrêt de 168,4% en mars 2026) entraîne une dégradation majeure des conditions de détention : promiscuité, accès limité aux soins, au travail, à la formation et aux activités, multiplication des violences entre détenus, transferts éloignant les personnes incarcérées de leur famille et conditions de travail toujours plus difficiles pour les personnels pénitentiaires.
L'autorité rappelle également que, dans certains établissements, l'espace disponible par détenu est inférieur à 3 m², seuil à partir duquel la Cour européenne des droits de l'homme présume une violation de l'interdiction des traitements inhumains ou dégradants.
Estimant qu'aucune réponse structurelle n'a été apportée depuis son précédent, le CGLPL réitère sa principale recommandation : inscrire dans la loi un mécanisme contraignant de régulation carcérale, placé sous l'autorité judiciaire, afin de mettre fin à la surpopulation des maisons d'arrêt, de garantir le droit à l'encellulement individuel et d'assurer le respect de la dignité et des droits fondamentaux des personnes détenues.